L’écriture à l’école internationale. Un apprentissage manuscrit


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Denis Alamargot, professeur en psychologie cognitive, considère que les outils numériques offrent un nouveau support d’apprentissage de l’écriture, mais ne sont pas un substitut.

 

Le 16 septembre 2019 à 07h30

Denis Alamargot., professeur en psychologie cognitive à l'université Paris Est-Créteil, spécialiste de l'apprentissage de la production écrite et des outils numériques, est directeur adjoint de l'Institut national supérieur du professorat et de l'éducation (l'INSPE) de l'académie de Créteil et du laboratoire Cognitions humaine et artificielle.

Il nous explique pourquoi il est important de maintenir l'apprentissage de l'écriture manuscrite, alors que les outils numériques sont de plus en plus utilisés pour écrire en dehors de l'école. Mais aussi pourquoi la France a choisi de garder une forme cursive de l'enseignement de l'écriture (autrement dit attachée). Plutôt que la méthode scripte adoptée par les Etats-Unis et la Finlande.

Pourquoi faut-il, selon vous, continuer à écrire à la main dans les écoles ?

DENIS ALAMARGOT. Il y a deux raisons. La première est que les nouvelles technologies ne sont pas suffisamment performantes et forcément adaptées à ce jour en matière d'ergonomie pour remplacer l'écriture manuscrite. Une étude auprès d'élèves de CM2 invités à rédiger au traitement de texte a montré que la qualité de leur texte, en termes d'idées, de vocabulaire… régressait de deux ans comparativement à une rédaction avec stylo. Le fait est que l'on apprend rarement aux enfants à utiliser un clavier, ils cherchent les touches, ne gèrent pas bien les va-et-vient entre le clavier et l'écran, ce qui consomme une part importante de leur attention qui n'est pas investie dans la qualité rédactionnelle. De la même façon, quand on écrit avec un stylet sur une tablette, la surface est tellement lisse que le geste des enfants est perturbé et la qualité d'écriture moins bonne. Le cerveau et son système cognitifs doivent en permanence compenser l'effet de la surface trop lisse en mobilisant là encore d'importantes ressources cognitives, un peu comme lorsqu'on roule sur du verglas et qu'on est obligé de contrôler ses gestes de conduite.

Et la seconde raison ?   en savoir plus...